Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 18:18

UNE MEMOIRE FOLKLORIQUE.....

Artiste de renom, l’histoire retient plus de lui l’image d’un infatigable sourcier et d’un incomparable archiviste de la musique populaire américaine en général et du folklore du monde en particulier. Il tint sa vocation de son père John Lomax, lui aussi, musicologue et folkloriste. Il débuta sa mission de collectionneur aux côtés de ce dernier dans les années 30, fondant son travail sur un présupposé inébranlable, à savoir : que tous les chants populaires ou folkloriques d’Amérique ou d’ailleurs font partie du patrimoine culturel de l’humanité. Bravant les interdits à caractère ségrégationniste, il recueillit et rendit publics les chefs d’œuvres méconnus du Sud des Etats-Unis.

Il parcourut toute l’Amérique, armé de son magnétophone dans de différentes circonstances, lieux et auprès de tout dépositaire de tradition musicale folklorique ou populaire. Il entreprit des démarches dans les églises, les prisons et dans les plantations et il s’approcha des membres de différentes communautés : vieux sages, orateurs de veillées, prédicateurs, boutiquiers, pères et mères de famille, ouvriers agricoles, prisonniers, repris de justice, célébrités locales, guitaristes, chanteurs, etc.

Et il prouva magistralement que les chants de noirs du Sud jouèrent un rôle non négligeable dans la naissance des styles musicaux propres aux Etats-Unis.

Il prit part dans les travaux de défrichage, de transcription et d’archivage des chants de paysans et d’ouvriers qui font état des conditions de vie et de luttes syndicales.

Il effectua les voyageurs en qualité de collectionneur folkloriste et musicologue en Amérique latine, dans les îles et dans certains pays africains.

Alan Lomax est, de ce fait, un précurseur et, de surcroît, savant. En effet, il ne pouvait restituer ces chants dans leur contexte ni établir leur authenticité sans disposer au préalable des connaissances d’ethnologie, de critique historique et géographie.

En tant qu’archiviste, Alan Lomax remplit le devoir de mémoire et il sauvegarda ainsi le patrimoine culturel de l’oubli. Il donna une présence, fit reconnaître la créativité et restitua la parole aux sans voix. « Le plus croyable – écrivit-il – c’est que quand on faisait écouter les enregistrements aux musiciens, ça changeait tout pour eux. Ils réalisaient que leur musique et eux-mêmes étaient bons que n’importe qui. J’ai compris que le fond de mon travail était de permettre à ces gens de s’exprimer, de donner leur version de l’histoire » - Noël Balen, Histoire du Negro-spirituals et du Gospel. De l’exode à la résurrection, p.115

Alan Lomax accomplit sa vocation d’une façon remarquable. Il entra dans l’histoire comme un musicologue et un folkloriste sérieux, un homme aux convictions humanistes….

 

Joseph Anganda

Animateur radio

 

Par josephanganda - Communauté : Musiques
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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 14:07

                                   VOIX INEXCTINGUIBLE DU SIECLE....

Elle est de ces rares artistes qui jouissent d’une longévité de carrière. C’est un peu comme si en ayant chanté avec Bob Dylan, son amour et sa compagnon d’arme, « With God on our side », Dieu lui ouvrit le chemin d’éternité. Pour que sa voix sème la paix et l’amour dans le cœur des hommes et pour que la terre appartienne à tous !

Joan Baez, celle qu’on appelle la « Madone des pauvres », « la bohémienne aux pieds », est une des grandes figures du Folk de notre siècle, une ardente militante internationaliste. Elle chante depuis les sixties pour la l’amour et la paix, la liberté et la justice.

Elle reçut le don de chanter et de servir les hommes, et elle eut la chance d’évoluer dans un cadre familial idéal à l’éclosion de ses talents.

Son grand-père fut un catholique qui se convertit au protestantisme pour devenir ministre méthodiste. Son père, mathématicien et physicien, fut un ardent défenseur de la paix. En pacifiste, il refusa de travailler à la construction de la bombe atomique à Las Alamos dans le cadre du « Projet Manhattan ». Il refusa également un travail lucratif dans une industrie de la défense pendant la guerre froide. Sa mère, Joan Brigde Baez, fut la fille d’un prêtre épiscopal.

Héritière de l’humanisme familial, Joan Baez se disposa très tôt pour le pacifisme et prit des positions contre les guerres, les violences et la pauvreté dans le monde.

Il débuta sa carrière musicale dans les années 50, en s’inscrivant dans la tradition de musique Folk et tropical songs, des chansons à thèmes, témoignant des conditions de vie, de lutte ouvrière et paysanne aux Etats-Unis. Elle contribua à maintenir vivante la mémoire de Joe Hill, grand militant syndicaliste fusillé dans l’Etat d’Utah pour un crime qu’il n’avait commis.

Si elle avait devancé Bob Dylan dans le Folk, mais ce fut avec ce dernier que le Folk prit un caractère plus affirmé de protestation. Ils donnèrent naissance aux « protest songs » destinés à élever la conscience de l’humanité et à lui rappeler sa vocation humaniste.

Le 28 août 1963, Joan Baez chanta « We shall overcome » lors de la Marche vers Washington au terme de laquelle Martin Luther King prononça son discours historique « I have a dream ».

 

Pour beaucoup, Joan Baez est une chance pour l’humanité, une raison d’espoir dans un monde en proie aux questions existentielles : de vie, de liberté, de dignité, de justice……

 

Joseph Anganda

Animateur radio

Liège (Belgique)

 

 

Par josephanganda - Communauté : Musiques
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 12:38

Il y a 41 ans, le 16, 17 et 18 juin 1967, se tenait à Monterey(Californie) American Pop Festival. Ce grand événement de Musique, rassemblement de jeunes en quête d'identité, servit de modèle au Festival Rock de Woodstock en 1969.

Plus de 5 mille spectateurs se donnèrent rendez-vous au Festival qui – dans les visées de ses organisateurs – était destiné à servir de moyen de libre expression à la diversité et à la richesse musicale. Une occasion de faire découvrir les artistes n’ayant pas encore acquis – pour une raison ou une autre – le statut de star.

 

Tous les artistes invités ne répondirent pas à l’invitation. Les Beatles ne vinrent pas. Les Beach Boys non plus à raison de comparution de Carl Wilson au tribunal. Les chanteurs de Rolling Stones, Mick Jagger et Keith Richards, n’obtinrent pas des visas, le voyage ayant été jugé illicite par les autorités.

Berry Gordy, Patron de Motown, maison de disques de Detroit, concurrente de Stax, interdit à ses collaborateurs de prendre part à cet événement marqué au fer rouge. Il tenait plus à l’image et à la neutralité de son entreprise et de ses chanteurs.

Pendant trois jours, Monterey et le monde, dans une certaine mesure, retentirent au rythme de pop sounds de Briand Jones, Bill Graham, Ravi Shankar, Grateful Dead, Buffalo Springfield, Janis Joplin, Big Brothers, Who, Jimi Hendrix, Mamas & Papas, Scott McKenzie, Eric Burton, Quicksilver Messenger Service, Jefferson Airplane, Moby Grape, Paul Butterfield Band, Electric Flag, Birds, Canned Head, Steve Miller, Country Joe MacDonald…..

Mais ce fut le dimanche peu après minuit que le miracle se produisit. Otis Redding invité pour réparer l’absence des artistes noirs créa un spectacle sensationnel. S’il était l’idole du public noir, le public blanc, par contre, l’ignorait.

Otis Redding savait ce qu’il était venu chercher à ce Festival, et il l’obtint : la notoriété dans le public blanc. Sur le podium de Monterey, il démontra au public blanc qu’il n’était pas un inconnu ni un extraterrestre. Pour ce faire, il interpréta « Try a little tenderness », chanson country, « Satisfaction », chanson des Beatles et « Respect », chanson que les spectateurs finirent par en faire leur hymne.

Et ce fut le triomphe. Otis Redding réussit le crossover, la levée des barrières entre les blancs et les noirs dans la musique, comme par enchantement. Il acquit ainsi le statut de chanteur américain par la consécration du public blanc.

La notoriété et le crossover constituaient un moyen parmi tant d’autres de préserver les répertoires d’artistes noirs du plagiat impuni et du refus de leur octroyer leurs royalties.

 

Pour percer, que dis-je, pour réussir dans l’univers de la musique, il faut savoir prendre des risques.

Le Festival Pop de Monterey était marqué par le sceau d’acid rock et de psychédélisme par ses détracteurs et les artistes participants risquaient de faire nuire leur réputation. Otis Redding prit ses risques mais il en sortit avec un miraculeux triomphe : triomphe de rapprochement et de la juste cause.

 

Joseph Anganda

Animateur radio (RCF-Liège)

Liège(Belgique)

Par Joseph Anganda - Communauté : Musiques
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